Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
L'Orichalque, un roman de Peter Dussoni.

Chapitre 8 : Merci de m'avoir ramené Orlane.

Chapitre 8 : Merci de m'avoir ramené Orlane.

— Tu ne peux pas rester comme ça, tu sais, finit par murmurer Jade.

— Oui… Leur odeur me rend folle, de toute façon… acquiesça Orlane en bougeant lentement. Tu as fait fuir les chevaux ? demanda-t-elle un petit peu plus tard, en se rapprochant de la petite anse, peu profonde ou les soudards avaient fait se désaltérer leurs montures.

— Oui.

— Tu as bien fait, affirma l'Immortelle en s'immergeant dans le liquide, de l'eau jusqu'aux genoux, avant d'avancer jusqu'à mi-cuisse et de se laisser glisser dans l'onde.

Elle fit quelques brasses puis demanda :

— Tu peux m'apporter de la mousse, s'il te plait ?

            Jade fit oui de la tête et, refusant de repasser à l'endroit où s'était perpétrée la boucherie, longea la berge jusqu'à trouver ce qu'elle cherchait. Elle prit plusieurs plaques et les rapporta à Orlane qui continua ses ablutions, se frottant vigoureusement avec ce qui lui tint lieue d'éponge végétale. Jade finit par la rejoindre, ressentant grandement elle aussi le besoin de se purifier, ce qui lui sembla être le terme exact à employer.

— On va rentrer, finit par décider l'immortelle.

— Je vais avoir un léger souci, précisa Jade.

— Lequel ?

— Pas de vêtements, restés à l'auberge…

— Tu ne peux pas remettre ton armure, pour rentrer plus vite ?

            Jade fit un signe négatif de la tête et expliqua :

— Procédure d'extraction d'urgence, elle est cuite… Il va lui falloir un petit moment pour récupérer un tant soit peu.

— Mais elle est où ?

            Jade étendit les bras de chaque côté de son corps, avec un demi-sourire et expliqua :

— Partout autour de moi, en millions de petits morceaux, on ne les voit même pas, mais elle est bien là.

— Oh… Et tu me dis que ce n'est pas de la magie ?

            Jade lui fit un clin d'œil avant de redevenir sérieuse. Elle allait ouvrir la bouche, quand elle repensa : " Quand tu passes un bon moment, quand tu es bien, au chaud, ne le gâche pas, profites-en… "

— Mmmh ?

— Non, rien, éluda-t-elle, renonçant à essayer de lui faire la morale ou à la traiter de monstre. Tu vas rire, mais vue le mode d'alimentation de mon armure, le mieux serait que je m'allonge en eau très peu profonde… L'eau, la terre, le soleil. Je peux lui faire gagner quelques % avant ce soir, peut-être assez pour pouvoir l'utiliser pour rentrer en début de soirée.

— Ça fait long jusqu'à ce soir… Ça m'embête pour Lourna.

— Oui, c'est sûr, je comprends. Et bien laisse-moi ici, je vais m'éloigner un peu et trouver un endroit pour lui faire récupérer de l'énergie.

— T.t.t.t.t, non, je ne te laisse pas seule, Lourna comprendra. Mais oui, on va s'éloigner. Je vais récupérer mes fringues. Et on va bien trouver une défroque, au cas où…

            Une fois ses vêtements récupérés, elle trouva plus simple d'enlever le pantalon et le haut de l'officier. Puis elles retournèrent à la rivière et marchèrent au bord de l'eau, vers le village, en cherchant un endroit correspondant aux spécificités énumérées par Jade. Au bout d'environ un kilomètre, perdues au milieu des joncs, elles découvrirent une plage de sable à l'abri des regards de quiconque passerait sur la route et avec une très faible profondeur de liquide.

 

            Les deux jeunes femmes s'allongèrent dans l'eau, la tête sur un matelas de mousse, leurs corps offerts au soleil qui les réchauffait agréablement, l'eau ne dépassant pas le centimètre au-dessus de leur épiderme.

— On risque de faire plus que bronzer, par contre, grimaça Jade.

— Je ne crains pas le soleil…

— Pas mon cas. Bon, ben je verrai bien, je n'ai pas chaud pour l'instant.

            Toutes deux fermèrent les yeux, profitant du moment qui s'offrait à elles. Jade ouvrit un œil, au bout de quelques dizaines de minutes, entendant un clapotis, pour voir une famille de rongeurs barboter dans l'eau. Elle trouva le spectacle amusant, mais la réverbération sur la rivière finit par lui faire de nouveau clore les paupières. Et après plusieurs minutes, l'eau calme ne faisant quasiment pas de vaguelettes, son dos bien calé sur le sable immergé et sa tête sur son oreiller improvisé, ses longs cheveux d'or éparpillés autour de son corps, baignant dans la lumière, elle s'endormit.

            Quand elle se réveilla à nouveau, beaucoup plus tard, une désagréable sensation de froid la fit frissonner. Ce fut d'ailleurs sans doute ce qui la força à rouvrir les yeux. Elle se leva lentement et frissonna à nouveau. Elle regarda son épiderme pour découvrir qu'elle était devenue écrevisse.

            Orlane semblait toujours somnoler quand elle fit quelques pas hors de l'eau.

— Tout va bien ?

— Je croyais que tu dormais encore.

— Je fermais juste les yeux, j'étais bien, l'endroit est vraiment agréable. Oh, toi, tu es devenue toute rouge…

— Oui, j'ai pris un coup de soleil ou une insolation, je ne sais pas.

— Ha… Fragile humaine, va !

            Jade lui tira la langue, mais ne se sentit pas mieux pour autant.

— J'ai froid, fit-elle…

Instantanément, Orlane fut à côté d'elle.

— Je ne peux pas te frictionner, navrée, mis à part te faire du mal, ça ne ferait rien d'autre. Habille-toi si tu as froid, ça ira déjà mieux, je te passe mes vêtements…

— Non, merci, je vais voir si mon armure est de nouveau opérationnelle…

— Heureusement que tu es soit disant modifiée, s'amusa Orlane, parce que qu'est-ce que ça serait sinon…

— Saloperie !

— Ha ha.

            Elle écarta les bras et murmura quelque chose qu'Orlane ne comprit pas. Cela ressembla au tout début à un nuage de moustiques, silencieux, puis de guêpes, qui s'agglutinaient autour de la jeune femme blonde. On vit ensuite les petites plaques de métal grossirent, tandis qu'elles s'assemblaient pour finir par recouvrir entièrement la jeune femme. Au bout d'environ une minute, tout était de nouveau parfaitement en place autour de la jeune Atlante, qui réactiva les circuits et son écran.

— 35% annonça-t-elle. L'endroit idéal, vraiment. Difficile de combiner plus d'éléments pour la recharger. On peut rentrer.

— Tu as moins froid ?

— Je n'ai plus froid du tout et je suis en train d'être soignée, dans quelques minutes ce sera réglé.

— Tu es vraiment le jour et la nuit, selon que tu le portes, ou pas, ce truc…

— Je sais… Allez, on rentre, tu étais ennuyée pour Lourna, ne la faisons plus attendre.

            Orlane acquiesça dans un sourire et rejoignant les sous-bois, elles se mirent en route rapidement.

            Durant le trajet, Jade observa avec attention la jeune immortelle. Elle ne se contentait pas de courir vite, non, elle courait le buste incliné vers l'avant, s'aidant de tout ce qui pouvait l'aider à augmenter sa vitesse. Un tronc d'arbre saisi d'une main pour se propulser, une légère bute lui permettant de sauter au loin… Tout ce qui pouvait être profitable était utilisé.

            A pleine vitesse, calant la sienne sur celle d'Orlane, elles ne mirent pas énormément de temps pour rejoindre le village.

— Cette armure n'est pas faite pour être mise et enlevée tout le temps, râla la jeune Atlante, en arrivant à la lisière de la forêt.

— Un souci ?

— Ben oui, une bonne demi-heure pour l'enlever, et après, j'en fais quoi ?

— Mmmh… Tu peux passer par la fenêtre de la chambre ?

— Pas si elle est fermée…

            Orlane lui lança un regard oblique.

— Bon, où sont tes vêtements ?

— Dans le jardin.

— Commence à l'enlever, je te les ramène.

— Ils sont… commença-t-elle

— C'est bon, ne t'inquiète pas, ils ont ton odeur, ma chérie.

— Oh…

            Orlane partit au pas de course. Jade démagnétisa les attaches invisibles de son exosquelette et commença par enlever ce qui pouvait tenir lieu de gants.

            Quand Orlane revint, Jade était aux prises avec son plastron.

— Un coup de main ?

— Pas de main baladeuse…

— Jade…

            A deux, la chose fut plus vite réglée, et un quart d'heure plus tard, habillée, Jade cacha l'armure du mieux qu'elle le put, sous des buissons.

— De toute façon, pour venir chercher un truc ici, il faut le faire exprès, avait dit Orlane avec raison.

            Elles sortirent toute deux de l'orée du bois et se dirigèrent vers la bâtisse au loin. Il leur fallut encore dix minutes avant de pousser la porte du bâtiment. Avec un flair infaillible, la brunette se dirigea vers la salle de restauration. Solange et Lournn-Go'Ha étaient attablées, l'une semblant boire une tisane, l'autre un verre de vin.           

            A leur arrivée, Solange se leva brusquement et resta debout, les mains jointes au niveau de la taille, tandis que Lournn-Go'Ha, trempant délicatement ses lèvres dans son verre de vin, portait son regard sur Jade. Celle-ci eut le sentiment d'être photographiée, analysée, décortiquée, plus profondément qu'elle ne l'avait jamais été, et le tout en l'espace de deux battements de cœur.

Puis la jeune femme porta son regard sur son amie.

— Que vous est-il arrivé ?

— C'est Jade, tu comprends… Elle a trouvé le temps d'empêcher le chef du détachement de monter à un arbre, et pourtant il voulait y monter, dans cet arbre… Ça semblait lui faire tellement plaisir…

— J'imagine, oui…

— Après, elle a voulu se baigner, elle a réussi à prendre un coup de soleil… Avec tout ça, je n'ai même pas pu m'occuper convenablement du reste du détachement, elle m'a également demandé un câlin… affirma-t-elle, tout en avançant vers les deux filles, alors que Lournn-Go'Ha se levait lentement, amusée.

            Orlane interrompit sa diatribe à hauteur de Solange, passa sa main derrière sa nuque et l'attira vers elle avec beaucoup de douceur, avant de murmurer à son oreille pendant presque une minute, tandis que les yeux de la jeune fille brillaient d'une joie sauvage. Elle frôla sa joue de sa bouche pour finir et se tourna à nouveau vers son amante, se dirigeant vers elle avant de lui tendre les lèvres.

— Pour résumer, murmura-t-elle, elle a été merveilleuse…

            Lournn-Go'Ha posa son regard sur la jeune Atlante, et ses yeux étaient d'or pur.

— Si je te dis que j'ai presque eu peur, là-bas, enchaina la plus jeune des immortelles, et que je me suis presque rayée un ongle, tu me montes dans la chambre ? demanda-t-elle d'une voix de petite fille, plantant des yeux noirs comme la nuit dans ceux de son amie.

            Jade leva les yeux au ciel en se passant doucement la main sur le visage.

— Ça a effectivement l'air très grave, murmura la plus ancienne des Immortelle en la soulevant comme un fétu de paille, tandis qu'Orlane, une jambe tendue dans le vide et l'autre pliée, se laissait faire en ronronnant de plaisir. Lournn-Go'Ha esquissa un sourire empli de tendresse, tandis qu'elles franchissaient la porte qui les séparait de l'escalier.

            Solange attendit raisonnablement avant de déclarer :

— Je vais vous préparer une autre chambre…

            La jeune Atlante resta un moment silencieuse, puis déclara à son tour :

— Si je veux dormir, je crois effectivement que c'est ce qu'il va falloir faire… Mais je n'ai pas vraiment sommeil… Je peux boire une tisane avec vous ? Je n'ai pas trop envie de me retrouver seule, je vous avoue…

            Quelques minutes plus tard, elles se retrouvaient toutes deux devant une tasse fumante, Solange expliquant que c'était un mélange de tilleul et de menthe.

— Ça a des vertus ? demanda Jade en portant le liquide à ses lèvres.

— Je vous avoue n'en avoir aucune idée, j'en bois souvent en saison, tant que nous avons de la menthe fraîche…

            La jeune femme blonde resta un petit moment silencieuse, dégustant le breuvage, avant de se décider à demander :

— Orlane vous a dit ?

— Oui, fit la jeune femme en regardant au fond de sa tasse.

— Cela vous a fait du bien ?

— C'étaient des monstres, affirma-t-elle, les larmes remontant à ses yeux, je suis contente.

— Je peux savoir ce qu'elle vous a dit exactement ? fit Jade, curieuse.

— Ce que j'avais besoin d'entendre, répondit une Solange légèrement ennuyée. Vous comprenez, si elle avait voulu que vous sachiez… tenta-t-elle d'expliquer nerveusement, tournant sa cuillère dans sa tasse.

            Tabou, donc, songea la jeune femme. Le culte du secret… Elle a peur.

— Je n'ai pas voulu être indiscrète, excusez-moi. Comment vont vos parents ?

— Ils se reposent dans leur chambre. Maman a énormément parlé avec Mademoiselle. Elle ne pleure plus.

            Elle a bien expliqué qu'ils pouvaient dormir ensemble, enchaina-t-elle, semblant avoir besoin de parler. Mais, enfin, seulement dormir, grimaça-t-elle. Vous comprenez… Rien d'autre que dormir. Pour le reste, Mademoiselle a expliqué que le jour où maman en aurait envie… Mais surtout pas avant que cela ne vienne d'elle, et d'elle toute seule. Elle a expliqué que guérir le corps, comme pour le bras de mon père, c'était rapide, mais que dans le cas de maman, le mal était différent, et qu'il fallait que mon père le comprenne, pour permettre la guérison…

            Jade resta songeuse un petit moment. Oui, il allait certainement falloir du temps.

— Vous m'avez dit que votre père les connaissait depuis longtemps ? Pourquoi être venue les trouver, ce matin ?

— Je n'étais plus moi-même, et je savais qu'elles avaient promis à mes parents que rien n'arriverait. J'avais entendu mon père et ma mère en parler, une fois, alors que j'étais beaucoup plus petite, un soir où elles s'étaient présentées à l'auberge, pour la nuit. Maman avait semblé avoir très peur. Je devais avoir huit ans, et je commençais tout juste à les aider pour les chambres. Mademoiselle Orlane avait demandé à ce que je m'occupe de la leur. Je crois que maman ne voulait pas, mais papa lui a longuement parlé et a très souvent répété ça : " Elles ont promis que rien n'arriverait. "

            Alors, maman est montée avec moi dans l'escalier. Je me rappelle qu'elle avait les larmes aux yeux, mais je ne comprenais pas pourquoi. Elle m'a dit de taper à la porte, ce que j'ai fait. On m'a demandé d'entrer, j'ai ouvert, et maman est restée dans le couloir, à m'attendre. Mademoiselle et Mademoiselle Orlane étaient à la fenêtre. Elles se sont retournées vers moi et m'ont souri. Mademoiselle s'est approchée de moi et j'ai eu peur, très peur, j'ai cru que quelque chose de terrible allait m'arriver. Elle s'est mise à genoux devant moi, pour être à ma hauteur, toujours avec son beau sourire et elle a posé sa main sur mon front.

            Je ne me rappelle pas de grand-chose, à partir de là. Je crois que l'on m'a beaucoup parlé, énormément parlé, mais je ne sais plus exactement de quoi. Quand j'ai plus ou moins repris mes esprits, Mademoiselle Orlane était assise à côté de maman, sur le lit, et elles discutaient. Maman semblait rassurée, et m'a fait un sourire. A partir de ce moment-là, je n'ai plus jamais eu peur.

            Mais je sais deux choses : il ne faut pas les décevoir, jamais. Et il ne faut pas les ennuyer, jamais.

             Il n'y a que moi qui m'occupe de leur chambre. Ni maman, ni mon père, que moi. L'autre matin est une très grosse exception. Mon père m'a obligée à rester couchée après ma nuit blanche, pour faire plaisir à Mademoiselle. C'est donc lui qui a apporté le petit déjeuner. Les autres serveuses ne montent pas à l'étage. Quand il y a besoin d'aide, pour les chambres, elles s'occupent de celles d'en-bas, c'est tout.

            Si elles ont besoin de quoi que ce soit, elles passent par moi également. Depuis que je suis toute petite, une chambre est toujours réservée à l'étage, toujours la même, depuis que je suis en âge de comprendre.

            Il y a toujours une bouteille d'un certain vin dans la cave, que mon père prend bien garde d'avoir toujours en trois exemplaires et qui ne dépassent pas les quatre ans d'âge. Elles vont et elles viennent. Parfois, on ne les voit pas de six mois, parfois elles viennent plusieurs fois dans l'année. Leur chambre n'est jamais donnée, jamais. Même si mon père vient à en manquer, celle-là n'est absolument jamais donnée à un autre client. Je change les draps toutes les semaines, au cas où.

            Mes parents respectent ces deux femmes comme aucune autre chose en ce monde. Je savais que Mademoiselle pouvait guérir, par contre, je ne savais pas du tout ce que Mademoiselle Orlane était capable de faire, frissonna-t-elle.

            Mais quand vous restez un moment auprès d'elle. Quand vous comprenez qu'elles vous ont accepté, que tout va bien, vous savez intimement que plus personne n'a le droit de vous faire du mal. C'est difficile à expliquer, mais c'est comme ça. Vous avez l'impression que parce que vous faites ce qu'il faut faire, elles ne laisseront personne troubler cette entente, comme si, pour elles, c'était terriblement important.

            Jade resta à nouveau un long moment songeuse. Concluant intérieurement : " Un refuge, donc, un endroit où personne ne pose de question, un endroit où la terreur qu'elles inspirent a été anesthésiée dès le plus jeune âge chez celle qui s'occupe d'elles. "

            Elle finit par demander, légèrement troublée :

— Vous venez de me raconter tout ça, alors que vous veniez de me faire comprendre ne pas avoir envie de parler d'elles... Je ne vous suis pas trop, je vous avoue.

— Vous dormez avec elles. Vous êtes partie avec Mademoiselle Orlane. Mademoiselle vous appelle très souvent " ma chérie ". Elle m'a parlé très gentiment de vous, cet après-midi, tandis qu'elle me tenait compagnie, une fois qu'elle a eu fait ce qu'elle pouvait pour mes parents. Je ne pense pas risquer grand-chose, conclut-elle.

            Bien, je vais vous préparer la chambre. Une en haut.

— Je vais vous aider, proposa Jade.

— Je vous assure que ce n'est pas la peine, je monte et je reviendrai vous chercher.

            Solange s'absenta un petit moment, avant de finir par revenir.

— Voilà, c'est prêt. C'est la pièce en face de la chambre de vos amies. Voulez-vous que je vous guide ?

— Non, merci, c'est vraiment gentil mais ça va aller. Bonne nuit Solange, fit-elle avant de lui faire spontanément la bise, que la jeune femme lui rendit après une imperceptible hésitation. Je prendrai des nouvelles de vos parents demain. L'auberge est fermée, je suppose ?

— Pour cette nuit seulement. On rouvre demain, papa se sent capable et il estime qu'une auberge fermée, ce n'est pas une bonne chose.

— A demain alors.

— Bonne nuit, Dame Jade.

— Oh que non ! Moi c'est Jade ! Je n'ai rien d'une dame ! sourit-elle.

            Elle attaqua les escaliers, trouvant la chambre sans difficulté. Elle défit lentement le lit, se déshabilla machinalement, rangea proprement ses affaires sur une chaise et alla s'allonger, tirant le drap sur elle plus par habitude que par réelle nécessité. Elle trouva le lit froid malgré la saison, se roula en boule, et chercha le sommeil.

            Elle devait dormir depuis une toute petite heure quand elle sentit le drap glisser le long de son corps, la dénudant. Elle ouvrit les yeux alors que deux bras puissants la soulevaient par le haut du dos et le creux de ses genoux, se retrouvant bientôt collée contre un corps tiède et réconfortant. Une voix chaude lui murmura, alors qu'elle se sentait transporter en dehors de la pièce :

— Merci de m'avoir ramené Orlane.

            Cinq mots seulement, mais jamais Jade n'avait eu à ce point le sentiment d'être remerciée. Elle sentit qu'on la couchait de nouveau, et Orlane se lova instantanément contre elle, saisissant sa taille, tandis que le corps de Lourna comblait l'espace vide à sa gauche. Elle aussi s'incrusta contre elle, peut-être plus qu'à son habitude, et conclut, d'une voix à peine perceptible :

— Et ça ma chérie, c'est la première et dernière fois que tu nous le fais. On s'arrangera, avec Orlane, mais jamais plus je ne veux te voir te coucher seule, et qui plus est dans une autre chambre.

— Je te remercie encore pour cet après-midi, chuchota Orlane. Merci de m'avoir ramené à la raison. Je suis contente que tu sois venue avec moi.

            Jade ignorait le sens du mot ronronner. Elle ne savait pas ce qu'il voulait dire. C'est pourtant ce qu'elle fit en s'endormant cette nuit-là, se sentent plus en sécurité qu'elle ne l'avait jamais été.

 

 

Ce chapitre vous a plu ? Vous l'avez découvert par hasard ? Pourquoi ne pas commencer par le prologue.?

Vous voulez lire la suite ? Solange vous y attend !

Ma page Facebook, pour vous permettre d'être tenu au courant du dernier chapitre mis en ligne, mais également de pouvoir bénéficier, quelques jours avant sa parution, d'un extrait du chapitre à venir.

Comme d'habitude, que ce chapitre vous plaise, ou non, je vous engage à laisser un com, que nous puissions en discuter :)

Découvert grâce à Tiphaine, le blog d'un auteur dont j'adore le style d'écriture : Névidim, d' Antoine DELOUHANS.

Un dernier lien pour la route, vers un site sympa, (et non pas un blog, pour une fois :p) qui traite de peinture. Pourquoi ne pas y jeter un oeil ? j'ai beaucoup hésité à me servir de l'une de ses toiles pour illustrer ce chapitre, mais j'ai finalement préféré utiliser l'une de mes photos. Peut être une prochaine fois.

Je vous souhaite à toutes et à tous une très très bonne fête de fin d'année. Récemment, je n'ai pas eu le temps de jeter un oeil sur les articles de mon reader. Après les fêtes, je reprendrais une activité normale.

Un énorme merci à tous celles et ceux qui me suivent depuis déjà plus d'un mois.

 

                                                                                        Peter.

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

TiphaineLUE 29/12/2016 10:00

Ça fait déjà plus d'un mois ? Eh ben dis donc... J'ai pas vu le temps passer. Sinon... Encore une fois, hâte d'avoir la suite ! Normalement, je dévore mes livres mes livres en un jour ou deux, alors attendre une semaine à chaque fois n'est pas dans mes habitudes. Mais bon, vu que le livre est bien, ça change pas grand chose. J'ai l'impression que le niveau s'améliore à chaque chapitres !

Peter Dussoni 29/12/2016 11:05

Bonjour Tiphaine. Merci pour votre retour. Bien content si le livre vous plait toujours autant :)
Et oui, le principe du blog est de poster un chapitre par semaine. Vous êtes déjà deux à m'avoir fait la remarque ^^
Vous trouvez que cela s'améliore à chaque chapitre ? Peut être le fait que les personnages commencent à être calés point de vu caractère et deviennent par la même plus crédible, plus tangible. On commence à s'habituer à eux...
Ce livre a forcément un début et une fin. J'ai commencé par le début ( c'est un scoop ). Peut être que mon style s'est lentement affiné au fil des pages. C'est possible aussi. Ou alors c'est juste une impression ^^
Et si une chose ne va pas, ne plait pas, surtout ne pas hésiter à le dire ! Que l'on puisse en discuter et échanger.
Merci encore pour le com, ça fait toujours très plaisir.
Bonnes fêtes !
Peter.