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L'Orichalque, un roman de Peter Dussoni.

Chapitre 26 : Un véritable bloc d'acier...

Chapitre 26 : Un véritable bloc d'acier...

                Ce fut plus tard, en milieu de matinée, que Sabine arriva dans l'un des salons de la villa, tenant son petit frère par la main. Tous les deux étaient douchés et portaient des habits propres. Quand Sabine demanda pour les vêtements, Jade, venue à leur rencontre, indiqua qu'une personne était allée en acheter après la décision de Lournn-Go'Ha de le rapatrier ici, auprès de sa sœur. Sabine se confondit en remerciement et quand elle commença à parler de remboursement, Jade indiqua que ce n'était rien et rappela le cadeau fait à Orlane.

— Vous lui avait fait plaisir, vous savez…. Et qui fait plaisir à Orlane fait plaisir à Lournn-Go'Ha…                                                                                             

— Mais, c'était juste un petit cadeau comme ça, pour la remercier…

— Pour la remercier ? Vraiment ?

— Oui, fit Sabine dans un souffle, oui… affirma-t-elle en serrant fort la main de son frère dans la sienne.

— May ? murmura Jade, semblant à présent amusée.

— Oui ? Bonjour Jade, fit la jeune guerrière, apparaissant comme par magie de l'une des portes de la pièce, venant lui faire la bise, et saluant Sabine d'un mouvement de tête.

— Peux-tu emmener Oan auprès de mes sœurs, s'il te plait ? On le rejoint dans quelques minutes.

— Bien sûr, oui, fit la rouquine en tendant la main vers Oan, avec un adorable sourire.

            L'ancienne militaire lâcha la main de son frère à regret et le regarda suivre May avec une sourde inquiétude dans le regard.

— On s'assoit un peu ? proposa Jade en prenant un fauteuil.

— Je… On pourrait aller les rejoindre tous ensemble, non ? fit Sabine en se tordant les mains.

— Asseyez-vous…

— Mais, je, enfin…

— Sit down, lieutenant-colonel Sabine, s'amusa Jade.

— …

— Vous ne me faites plus confiance ? Il ne vous est rien arrivé cette nuit, si ?

— Non…Non…

— Alors asseyez-vous, s'il vous plait, Oan ne risque rien, rien du tout !

            Avec beaucoup de réticence, la jeune femme finit par s'asseoir sur le bord d'un canapé, rongée par l'inquiétude.

— Et s'il cri ? Vous allez faire quoi ? Comment pouvez-vous empêcher Orlane de faire ce qui lui chante ? Personne ne le peut. Même pas moi. Elle est au bas mot trois fois plus rapide et forte que moi… Bon, que vous a dit Orlane dans cette fourgonnette qui vous a tant terrorisé. Je sais que vous avez eu peur, mais il y a quelque chose qui a eu plus d'impact que le reste, c'est quoi ?

— Elle ne vous a rien dit ?

— Non, éluda Jade.

— Elle a senti une odeur sur moi et m'a affirmé que j'avais quelqu'un dans ma vie. Elle a dit pouvoir suivre sa trace sur des centaines de kilomètres… C'est mon petit frère, fit-elle dans un sanglot.

— Elle l'ignorait, Sabine, elle l'ignorait. Si elle l'avait su, elle ne se serait pas servie de ça, elle n'en avait pas besoin, vous savez…Vous avez inconsciemment voulu la remercier de ne pas avoir fait de mal à Oan…

            Je vous ai dit qu'Orlane pouvait être un véritable amour, cette nuit. Je suis bien loin de la vérité. Pour Lournn-Go'Ha et elle, il y a deux catégories de personnes, voyez-vous. Celles qui sont de leur côté de la barrière et les autres. Vous êtes passée du bon sans vous en apercevoir. Venez, vous allez voir comment la fille qui vous a absolument terrorisée, qui est capable de déchirer du métal avec ses doigts, peut se comporter avec le frère de celle qui m'a dit oui hier soir, pour que je ne passe pas la nuit toute seule.

— Mais ça n'à rien avoir ! Hier soir vous aviez l'air si triste, presque désemparée… Vous auriez été un homme, j'aurais dit non ! Mais là…

— Vous avez été adorable. Venez, suivez-moi, sourit-elle en lui prenant la main, on va rejoindre Oan.

— Non mon chéri, faisait la voix d'Orlane, tandis que Jade et Sabine approchaient de la porte de la cuisine. Je ne peux pas manger de tartine, ça me rendrait malade… Je ne peux boire que du thé, ou de la tisane. Mais je ne peux pas manger… Un peu plus de pâte à tartiner ? Tu es sûr ? Tu mets tout ça où ? continua-t-elle dans un rire.

            Quand Sabine arriva, Oan était attablé entre Lournn-Go'Ha et Orlane. Un bol de chocolat au lait était déposé devant lui. Lourna trempait ses lèvres dans un léger verre de vin, son regard gris, amusé, nimbé de très légers éclats d'or, tandis qu'Orlane, tout en plaisantant, coupait une quatrième tranche de pain frais, étalant ensuite une quantité non négligeable de pâte à tartiner dessus, avant de la tendre au jeune garçon, qui semblait aux anges…

           Une fois Oan rassasié, Jade prit la parole.

— Oan, ta sœur et les miennes vont avoir à parler. Ça va être long et pas très marrant. Tu serais partant pour un tour de moto avec moi ? Ensuite, je te laisse le choix entre quelques parties de jeu vidéo ou un dessin animé au cinéma. Tu voudrais quoi ?

— J'ai vraiment le choix ? fit Oan en regardant sa sœur.

— Et bien, cela m'ennuie… Je, enfin… je vais vous donner de l'argent pour tout ça, par contre la moto, je préférerais la voiture, bafouilla-t-elle.

— La moto c'est très sympa, affirma Jade, ses yeux d'ambre et d'émeraude.

— Mais, je… Orlane n'a pas son permis, fit-elle dans un souffle.

— Ha mais rassurez-vous, moi non plus ! rit jade en se levant. Tu viens Oan ? Ta sœur est d'accord, ne t'inquiètes pas.

            Oan jeta néanmoins encore un coup d'œil à sa sœur, qui finit par hocher la tête.

— Faites-y attention, je vous en prie, je n'ai que lui… Et les motos c'est si dangereux… Je vais vous donner de l'argent.

            Mais Jade emmenait déjà un garçonnet ravi par le tour de moto, beaucoup moins par le reste du programme, mais ça, il se promettait de le lui dire le moment venu.

Lournn-Go'Ha attendit encore quelques minutes, tandis que Sabine finissait son café et un bol de céréales, puis demanda doucement :

— Me permettez-vous de vous demander comment sont morts vos parents, Sabine ?

En moto ?

— Mam… Enfin, ma mère…

— Vous pouvez dire maman, vous savez, l'interrompit Orlane, sans malice.

            Sabine sembla acquiescer du regard et reprit :

— Maman est morte peu après la venue au monde mon frère. Et la moto était tout ce qui restait comme loisir à mon père, oui, finit-elle dans un souffle, le nez dans son café.

            Orlane entortillait doucement une mèche de ses cheveux autour de son doigt, pensive.

— Vous avez peur qu'il lui arrive la même chose ?

— Oui…

            Orlane faisait face à Sabine, elle était assise. Environs deux mètres les séparaient l'une de l'autre. Sabine ne comprit jamais ce qui lui arriva. Orlane était à côté d'elle, lui tenant délicatement le menton entre le pouce et l'index.

— Vous m'avez vue bouger, Sabine ?

            La jeune femme mit plus de vingt secondes à répondre, les yeux écarquillés, doutant de ses sens, avant de réussir à balbutier :

— Non…. C'est impossible, c'est impossible, personne ne peut faire ça… Personne.

            Orlane la lâcha lentement, retournant s'assoir tranquillement, prenant sa chaise et la tirant, pour lui montrer qu'elle avait pris le temps de la ranger, avant de s'assoir dessus et de la tirer vers la table, reposant ses coudes dessus.

— En compagnie de Jade, Oan est plus à l'abri que dans un bunker. Rien ne peut lui arriver, absolument rien. Même si un camion les frappe de plein fouet, elle aura le temps de se retourner, d'attraper votre frère et de le mettre en sécurité. Ne vous fiez pas aux apparences. Jade déteste dormir seule. C'est une hantise chez elle. Mais ne la prenez pas pour une enfant. C'est un bloc d'acier…

— Vous auriez pu tous les massacrer, aucun n'aurait même eu le temps de vous tirer dessus, aucun. Personne ne peut bouger comme ça. Vous avez monté une comédie, vous vous êtes amusée… Vous auriez pu tuer tout le monde en quelques instants…

— Oui, répondit Lournn-Go'Ha en regardant la robe de son vin. En fait, on n'aurait même pas eu besoin de bouger, pour tout vous dire. Je vais vous montrer quelque chose. Orlane vous a terrorisée, l'autre nuit. Elle vous a fait peur, plus ou moins en vous menaçant, en fait. C'est une véritable experte, sourit-elle tendrement. Sabine, regardez-moi, s'il vous plait.

            L'intéressée obéit sans comprendre tandis que le regard de Lournn-Go'Ha se nimbait de reflets émeraude. Elle augmenta pas à pas la pression, jusqu'à voir le visage de Sabine se modifier et sa respiration devenir saccadée, tandis que son cœur se mettait à battre la chamade. Ses yeux redevinrent gris et l'ancienne militaire la regarda longuement, avant de déclarer en frissonnant :

— C'est horrible ce que vous faites…

— Imaginez cent fois pire, que se passerait-il ?

— Vous pouvez vraiment faire ça ?

— Oui, murmura Lournn-Go'Ha, regardant à nouveau son verre de vin, le regard dans le vague.

— On doit mourir d'une crise cardiaque… Personne ne peut supporter ça…

— Voilà…

— Vous êtes qui Madame…? Pourquoi suis-je ici ? Pourquoi suis-je vivante… ?

— Qui suis-je ? Lournn-Go'Ha… Pourquoi êtes-vous ici ? Et bien parce que vous avez amené un flacon de parfum à Orlane, il me semble…Non ? Pourquoi êtes-vous vivante ? Tout simplement parce que dans la majorité des cas, nous essayons de ne plus tuer d'être humain… Par contre, ai-je l'air si vieille que ça ? Mademoiselle, si vous le désirez, mais Madame…

— Vous vous jouez de moi… Vous ne répondez pas…

— Vous pouvez m'appeler Lourna, ce sera encore plus simple, sourit Lournn-Go'Ha. Venez, je vais vous faire voir quelque chose. Ensuite je vous ferai visiter nos installations. Et ensuite, seulement ensuite, nous pourrons discuter de choses véritablement importantes pour votre avenir. Sachez seulement ceci. Vous êtes libre comme l'air, Sabine. Un mot de vous et on vous escorte en dehors de la propriété. Jade revient avec votre frère et vous avez ma parole d'honneur que rien ne sera jamais fait qui puisse vous nuire. Un mot, Sabine, un seul.

            Sabine baissa lentement les yeux et murmura, presque inaudible :

— Non, je n'ai pas envie de partir.

            Orlane lui lança un sourire éclatant, dévoilant ses dents, mais tellement chaud, tellement sincère, que Sabine ne réussit pas à frissonner.

— Venez, fit-elle en lui prenant la main, on va à la salle de ciné, voir un vieux film, un très vieux film…

 

 

Bonjour !

Comme d'habitude, ceux qui atterrissent ici sans le vouloir peuvent jeter un oeil au Prologue.

Sabine est à présent dans la place. A travers elle nous allons bientôt découvrir où en sont les avancés technologique de nos trois Immortelles. Pour lire la suite, voici le lien.

L'image provient bien évidemment de Pixabay.

Bonnes lectures à toutes et à tous.

                                  Peter.

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TiphaineLUE 20/04/2017 17:54

J'aime bien le personnage de Sabine, et en plus elle a réussi à avoir l'amitié des filles. Je lui souhaite que tout se passe bien pour la suite !

Peter Dussoni 20/04/2017 19:27

Bonjour Tiphaine.
Oui, j'aime beaucoup Sabine. Que cela se passe bien pour elle, ou moins bien, elle restera un long moment présente dans ces pages ^^
Bonne soirée !

Collynne 17/04/2017 20:39

super! J'adore c'est intérréssant

Peter Dussoni 20/04/2017 19:26

Bonjour Collynne.
Merci de votre passage. Il faut que j'aille jeter un œil sur votre blog, malgré le temps qui me manque cruellement en ce moment !