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L'Orichalque, un roman de Peter Dussoni.

Chapitre 32 : C'est le CE2 ici ?

Chapitre 32 : C'est le CE2 ici ?

           Au cours de ses 400 ans d'existence, Jade avait vécu des périodes de travail intenses, où les trois Immortelles s'étaient données sans compter dans l'intérêt de leur mission. Parfois, au milieu, s'écoulaient des périodes beaucoup plus calmes, comme l'avait auparavant expliqué Lourna à Sabine. Un cyborg naissait tous les six mois et allait rejoindre Sabine, qui s'était parfaitement intégrée dans son nouvel environnement, faisant des merveilles. Inlassablement, les sondes envoyées dans l'espace poursuivaient leurs travaux d'analyses et de recherches et Lournn-Go'Ha sembla laisser de côté pendant un temps la recherche de personnes assez dignes d'intérêt pour être modifiées.

            Jade reparla du mariage à Orlane, mais celle-ci éluda la question. " Maintenant je sais que si je veux, je peux. Lourna me dira oui. Ce n'est plus si urgent ". Jade avait été très étonnée, mais en était restée là.

           A la fin de l'été où Sabine avait été modifiée, le jour de la rentrée des classes, deux énormes motos noires se garèrent devant l'école, Orlane ayant lourdement insisté auprès de Jade :

— Tu vas t'en occuper tous les jours. Laisse-nous au moins l'accompagner pour la première fois, je ne suis jamais rentrée dans une école…

— Bon, ben si tu y tiens, d'accord, oui… Faites-y attention…

— Tu nous connais, avait assuré Orlane.

— Oui ma chérie, justement, avait murmuré Jade en réponse.

            Orlane et Lournn-Go'Ha mirent pieds à terre au même moment, enlevant leurs casques et faisant voler leurs cheveux en un ensemble parfait.

            Deux terribles panthères passèrent le portail de l'école, ne faisant absolument aucun effort pour dissimuler leur aura, regardant les autres parents d'élèves comme de la possible nourriture, chacune d'un côté d'Oan, protectrices, Orlane le tenant par la main, se dirigeant vers le bureau du directeur et entrant sans frapper.

            Elles le lui présentèrent, personnellement, en expliquant qu'elles étaient très occupées, mais qu'en cas du moindre souci, elles prendraient le temps de revenir.

— C'est ma petite sœur qui s'occupera de tout. Vous verrez, elle est adorable. Nous, on ne reviendra qu'en cas de problème, lui expliqua négligemment Orlane. Et ce fut Lournn-Go'Ha qui cette fois, planta ses yeux dans ceux du directeur.

La porte de la classe s'ouvrit sur Orlane, quelques minutes après.

— C'est le CE2 ici ? Viens Oan, c'est ici… fit-elle, affirmative, prenant possession de la pièce entière par sa simple présence.

L'institutrice recula lentement tandis que les deux Immortelles présentaient le garçon à la classe.

— On compte sur vous pour les devoirs, maîtresse, affirma ensuite Orlane. On a une spécialiste des devoirs à la maison. C'est ma petite sœur. Vous pouvez y aller. Nous, on ne viendra que s'il y a un souci, vous comprenez, les devoirs ce n'est pas notre truc… Les soucis, oui… On te laisse, Oan, fit-elle en l'embrassant et en quittant la pièce.

            Son amie s'attarda un peu, jetant un dernier regard amusée sur la classe, avant de déclarer :

— Jolis, vos affichages…

            Il fallut quelques minutes à la maîtresse pour déclarer faiblement :

— Tu peux t'asseoir où tu veux, Oan…

            A midi, Jade, qui avait préparé des sandwichs, vint le chercher à la sortie de l'école et ils allèrent manger sur des rochers, au bord de mer. Le petit garçon était ravi, tout le monde était gentil avec lui et la classe semblait lui plaire.

            Deux jours plus tard, Oan, qui était tombé en s'amusant, alla voir sa maîtresse, une belle bosse sur le front, accompagné de plusieurs camarades. Elle paniqua complétement, attrapa son téléphone et se trompa par deux fois en voulant composer le numéro qu'elle venait de lire sur la fiche de renseignement du jeune garçon.

— C'est le numéro de qui ? lui demanda-elle, angoissée.

— Jade.

— Jade comment ?

— Ben, Jade…

— Une de tes deux sœurs ?

— Non, la troisième.

— Ha…

            L'on décrocha de l'autre côté du fil et une voix douce mais légèrement rauque se fit entendre :

— Oui, bonjour ?

— Bonjour madame, commença l'institutrice, c'est la maîtresse d'Oan.

— Bien le bonjour madame, fit la voix posée, au bout du fil.

— Voilà, ce n'est pas de notre faute mais Oan est tombé…

— Ha ? Il s'est fait mal ?

— Il a une bosse sur le front…

            Un petit silence, puis :

— D'accord, mes deux sœurs sont passées vous voir…Soyez franche, si ce n'était pas Oan, vous auriez fait quoi ?

— Un peu de glace sur le front et un mot dans son cahier ce soir, pour vous expliquer…

— C'est parfait ça… Et s'il s'est fait mal en faisant des bêtises, n'hésitez pas à le punir.

 — Oui… Non... Enfin, merci bien, au revoir…

— Au revoir.

— C'est cette sœur-là qui va venir aux réunions ? demanda-t-elle, pleine d'espoir, en raccrochant.

— Oui, c'est Jade…

— Dieu merci, fit la maîtresse, soulagée.

            Ce fut un peu plus de deux semaines après que l'institutrice rencontra Jade pour la première fois, à l'occasion d'une réunion d'information. Jade s'assit au fond de la salle, ne prenant aucune note mais écoutant attentivement. Elle se leva pour saluer la maîtresse d'Oan une fois les autres parents d'élèves sortis.

— Mademoiselle Jade ? demanda l'Institutrice.

— Jade, oui, bonjour madame, sourit-elle à demi en réponse à la question. Vous avez déjà rencontré mes deux sœurs…

— Oui, tout à fait… Elle m'avait effectivement parlé d'une petite sœur…

— Voilà !

            Elles discutèrent d'Oan une petite dizaine de minutes et Jade finit par la remercier, la saluer et quitter la classe. Et durant tout le temps que dura la conversation, l'institutrice se demanda comment une petite sœur pouvait paraître 5 ou 10 ans de plus que les grandes…

            Deux années passèrent pendant lesquelles les journées de Jade furent réglées sur celles d'Oan : Réveil, petit déjeuner, l'emmener à l'école, revenir boire son thé avec Orlane, retourner chercher Oan le midi, pour manger avec lui et retourner le chercher en fin d'après-midi. Après le goûter, venait l'heure des devoirs et avec une patience infinie, souvent penchée par-dessus son épaule, elle expliquait, corrigeait, aidait en se servant de toutes les astuces possibles et imaginables. Jamais elle ne critiqua ses instituteurs, expliquant parfois que ce n'était certainement pas un métier facile et qu'il n'y avait pas que lui dans la classe.

        Une autre fois, le jeune garçon lui demanda pourquoi il ne pouvait pas rester à la propriété, laissant Jade jouer le rôle de maîtresse.

— Tu sais plein de choses, avait-il expliqué. Tu pourrais tout m'apprendre…

— Oui, mon chéri. Il y a des gens riches qui font ça. Le maître ou la maîtresse vient à la maison. Ça s'appelle un précepteur, ou bien une préceptrice. Nous sommes très riches, Oan, mais je ne pense pas que cela soit une bonne solution. Je pense que c'est bien, tu sais, de voir comment se passe la vraie vie, dehors… De voir des gens, d'avoir des copains et des copines, d'avoir une vie normale. Combien coûte un pain au chocolat, Oan ?

— Ça dépend… Entre trois et cinq francs…

— Les petits garçons et les petites filles qui apprennent à la maison, ne le savent pas, ça. Tu vois, tu apprends dehors des choses que l'on ne peut apprendre nulle part ailleurs. Et c'est très important. Tu sais aussi combien coûte les livres que je t'offre de temps en temps ?

— Oui…

— Tu connais la valeur des choses, mon chéri. Comment veux-tu savoir si quelque chose est important ou pas, quand on n'a aucune notion de valeur ?

— On ne peut pas…

— Alors tu continueras à aller à l'école, comme tous tes petits copains. Ça se passe toujours bien, n'est-ce pas ?

— Oui, oui, mais leurs jeux ne m'amusent pas… Ils jouent au foot, et moi… Bof… Je préfère courir avec toi.

— L'essentiel et que tu te dépenses, oui. Demain c'est samedi, on ira courir au bord de mer, si tu veux. Ça changera de courir en rond ici, tu en penses quoi ?

— D'accord !

      C'est à cette époque, alors qu'ils se baignaient tous deux à la mer, qu'Oan sembla remarquer les deux traces de morsure au niveau de l'épaule de Jade, tandis que sortie de l'eau, elle s'essorait les cheveux en penchant la tête de côté.

— Tu as deux jolies marques sur l'épaule. C'est quoi ?

— Tu les trouves jolies ? Moi aussi. C'est un cadeau, Oan, le plus beau cadeau que l'on m'ait jamais fait. Un cadeau de Lourna. Elle m'a mordu.

— Ça fait de jolies traces comme ça quand vous mordez quelqu'un ?

— Il faut croire, oui.

— Ça doit faire quand même un peu mal, non ?

— Oui, ça fait très mal. Mais j'étais très malade, une maladie très grave. C'était il y a très longtemps également. Elle a fait ça pour me sauver la vie. C'est pour ça que c'est un très beau cadeau.

— Vous vous faites de drôle de cadeau…

— Oui mon chéri, tu as raison, éluda jade. On monte manger une glace ?

— Oui !

Bonjour. Que les professeurs des écoles, les profs et tous les éducateurs pardonnent mon petit délire ;p

Le Prologue est ici.

 

Bonnes lectures à toutes et à tous.

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Maëlle B. F. 30/05/2017 21:03

Ah ah ^^

Peter Dussoni 01/06/2017 21:03

Hello Maëlle :)
Oui, je me doute que tu a peut être reconnu certains comportements parentaux.
C'est une petite blague pour certains amis professeurs des écoles, qui ont des parents qui leur explique souvent comment faire la classe, que leur enfant est exceptionnel, qu'il n'a pas pu faire de bêtise, qu'il devrait sauter une classe... Toussa, quoi ^^